Krän

 

Série :Krän

Auteur :EricHerenguel

Editeur :Vents d’Ouest

Genre / Sous-genre :HeroicFantasy / Humour

 

 

Mon appréciation :

Mon premier post sur ce site concerne une série qui me tient à cœur, car elle ne se prend pas au sérieux. Nous parlons ici des tribulations déjantées d’un barbare bodybuildé, au caractère impulsif, fortement porté sur les dames à fortes poitrines, l’alcool et la bagarre, prince du royaume de Torgnol (les noms de l’univers très évocateurs font partie du délire), et qui évolue dans un monde arriéré entouré d’ennemis dangereux et de monstres fantastiques. Il est perpétuellement accompagné de son meilleur ami l’anémique Kunu (dont la liste des vices serait trop longue pour figurer ici) et de son animal de compagnie le Garou (boule de poils puante qui devient un gigantesque Garou Warrior à la pleine lune). Bref on parle ici d’une parodie des univers d’HeroicFantasy, où l’on plonge les anti-héros dans des (més)aventures qui seraient généralement l’apanage de groupes de vertueux guerriers.

Vous l’aurez compris, ce qui me plaît dans cet univers c’est la dérision avec laquelle est tournée le médiéval-fantastique, le tout agrémenté de vannes et de jeux de mots plus ou moins pourris (mais personnellement qui m’ont toujours fait marrer). Et malgré l’aspect simpliste du premier abord, on remarque quand même qu’EricHerenguel tourne suffisamment bien ses scénarii pour offrir des conclusions toujours jouissives.

Le dessin est bien léché, fourmille de détails, avec des couleurs bien sombres et des bulles de dialogues pas trop envahissantes. La lecture est facile et rapide grâce à une pagination réfléchie, et invite à la relecture avec toujours le même plaisir.

Pour terminer, les histoires restent globalement cohérentes, avec un début, un milieu et une fin, et toujours une morale douteuse !

Ma note sur 10 : 10 haches à double tranchant

Les protagonistes :

  • Krän : barbare grand, musclé et toujours torse nu, maniant la hache à double-tranchant et aimant s’en servir sur tout ce qui le contrarie, grand amateur de femmes qu’il n’a apparemment pas de mal à séduire, n’ayant aucune patience et se vexant facilement. Bref le stéréotype du bourrin (mais pas si idiot que ça au final) : « Il y a des jours où il faut pas m’chercher, et il y a des jours tous les jours ».
  • Kunu : tout le contraire de Krän, dont il est le meilleur ami. Petit et mal gaulé, plaintif et peureux (« Pas d’ma fôt »), obsédé sexuel se croyant irrésistible, et avec un don pour attirer les emmerdements avec un E majuscule souligné et surligné… Il ne porte pas de sous-vêtement (d’où son nom). Un bon duo qui est gage de toujours trouver la solution la plus vicelarde à toutes les situations.
  • Le Garou : le pendant animal de Krän, qu’il a vaincu en combat singulier et qui le suit depuis lors partout. Teigneux, plein de poils et avec une odeur répulsive, le garou est l’objet de moqueries sauf quand la pleine lune arrive : il se transforme alors en un immense monstre attiré par la baston, et dévorant tout ce qu’il peut.
  • La Mort : représentée sous les traits d’un grand corps en décomposition drapé de rouge et avec un heaume à ailettes, la mort est tiraillée entre les humiliations qu’elle subit de Krän (qu’elle ne peut tuer car il est de lignée royale) et le fait qu’il lui facilite grandement son boulot en castagnant tout ce qui moufte. C’est une sorte de grand génie du mal qui ne sera jamais loin des problèmes que rencontreront le trio.
  • Felony : femme aux formes avantageuses légèrement vêtue (soutien-gorge et string en cuir), elle est présentée comme la déesse des enfers, même si elle semble inféodée à la Mort qui la charge de trouver un moyen de se débarrasser de Krän. Elle use de nombreux sortilèges pour arriver à ses fins. Ça reste pour moi le personnage le moins abouti et qui me plaît le moins.

A qui cette série plaira ?

  • Aux mecs. Je ne dis pas aux hommes mais bien aux mecs, c’est-à-dire ceux qui rigolent des blagues bien grasses et bien foireuses, ceux qui aiment les histoires où tout le monde en prend pour son grade, ceux à qui il suffit du cocktail alcool/femmes/bastons pour s’amuser. J’inclus dans cette catégorie les femmes « garçon manqué » qui apprécient ce genre de délire.
  • A celles et ceux qui ne sont pas choqués par le machisme à prendre au 2nd degré : les femmes de la série, quoiqu’ayant un caractère toujours très affirmé, gardent quand même un statut d’objet.
  • Aux barbares illettrés. Oui oui, j’ai fait l’exercice de parcourir les BD sans lire les bulles de texte et on comprend quand même l’histoire (« Ouarf il prend le fléau dans la gueule », « Hrumpf on voit ses cou*lles », et autres « Wray qu’elle est bien foutue celle-là »).

NB : ça passe pour des adolescents, mais j’émets des réserves sur les plus jeunes.

Tomes parus (les * ne font pas partie de ma collection) :

  1. Les Runes de Gartagueul (1999)
  2. Le WalouWalou ancestral (2000)
  3. Gare aux garous (2001)
  4. Le Grand Tournoi (2001)
  5. L’Invasion des envahisseurs (2002)
  6. L’Encyclopédie de Krän (2003)
  7. La Princesse Viagra (2005), réédité sous le titre La Princesse de Mormoille
  8. The Key QuêteQuouestOuane (2006)
  9. The Key QuêteQuouestTou (2009)
  10. VivaLastrépasse (2010)

Je suis un immense fan des 5 premières BD, moins des suivantes car j’ai le sentiment que la magie vannes/jeux de mots/scénario s’est diluée, même si je ne regrette pas de posséder toute la collection.